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Société internationale de la maladie de Parkinson et des troubles du mouvement

        VOLUME 30, NUMÉRO 2 • Juin 2026.  Numéro complet »

Comment gérer les troubles cognitifs liés à la maladie de Parkinson en réadaptation 


Les troubles cognitifs associés à la maladie de Parkinson (MP) apparaissent dès le diagnostic et s'aggravent progressivement, touchant jusqu'à 83 % des personnes ayant une espérance de vie de 20 ans (1). Ces troubles peuvent être continus (progression graduelle de la maladie) ou aigus (apparition soudaine suite à une modification du traitement, une infection ou un événement stressant). Une aggravation soudaine justifie toujours une consultation médicale urgente. Tout trouble cognitif nouveau ou aggravé doit inciter à une évaluation approfondie des facteurs déclenchants, notamment les effets des médicaments, le sommeil, l'anxiété, la dépression, la sédentarité et les difficultés liées à la réalisation d'une double tâche, ainsi qu'à l'identification des éléments qui améliorent ou aggravent ces symptômes (2). Les thérapies non médicamenteuses peuvent être envisagées une fois que la kinésithérapie et l'exercice physique ont significativement amélioré les fonctions cognitives globales (3, 4). 

Conseils pratiques sur la manière de prendre en charge les difficultés cognitives en pratique clinique de réadaptation :

  • La cause sous-jacente et les médicaments doivent être réévalués et adaptés par le médecin traitant.

  • La réadaptation cognitive (dans le contexte de l'ergothérapie, de l'orthophonie, de la physiothérapie et de la psychologie) reste au stade expérimental mais est largement recommandée. 

  • L'exercice physique est le moyen non médicamenteux le plus efficace. Les programmes combinés/multimodaux (aérobie + renforcement musculaire + équilibre + coordination) présentent les bénéfices les plus nets sur la cognition globale et les fonctions exécutives, idéalement à une intensité légère à modérée pendant au moins 60 minutes par séance, de préférence quotidiennement. 

  • L'entraînement spécifique à la tâche offre un potentiel de résultats supérieurs. Par exemple, lorsque des déficits attentionnels perturbent la marche, l'ajout progressif de défis attentionnels aux exercices de marche crée des conditions d'entraînement qui reproduisent fidèlement les exigences de l'activité cible. Cette validité écologique est considérée comme un mécanisme clé favorisant le transfert fonctionnel et une intégration significative dans les activités de la vie quotidienne. 

  • Des stratégies compensatoires (signaux, rappels, formation des aidants) et des changements de mode de vie (hygiène du sommeil, alimentation, engagement social) complètent le plan.  


Figure 1 : Un exemple de cadre de gestion des troubles cognitifs en réadaptation.

En résumé, les difficultés cognitives dans la maladie de Parkinson apparaissent dès le diagnostic et s'aggravent progressivement, soulignant l'importance d'un suivi cognitif régulier tout au long de l'évolution de la maladie. Bien que la réadaptation cognitive demeure une intervention émergente dont les données probantes évoluent, elle constitue déjà un élément important d'un plan de soins global. L'entraînement spécifique aux tâches et les exercices multimodaux d'intensité légère à modérée démontrent des bénéfices constants sur la cognition globale et les fonctions exécutives, tandis que les stratégies compensatoires et les modifications ciblées du mode de vie permettent d'atténuer l'impact fonctionnel sur les activités quotidiennes. Dans l'ensemble, les données disponibles plaident en faveur d'une intervention précoce, individualisée et soutenue pour améliorer l'évolution cognitive de cette population. 

 

Références 

  1. Hely MA, et al. Étude multicentrique de Sydney sur la maladie de Parkinson : l’inévitabilité de la démence à 20 ans. Mov Disord. 2008 ;23(6) :837-844 
  2. Seppi K, Ray Chaudhuri K, Coelho M, Fox SH, Katzenschlager R, Perez Lloret S, Weintraub D, Sampaio C; et les collaborateurs du groupe d'étude Parkinson's Disease Update on Non-Motor Symptoms Study Group, au nom du comité de médecine factuelle de la Movement Disorders Society. Mise à jour sur les traitements des symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson : une revue fondée sur les preuves. Mov Disord. 2019 févr. ; 34(2) : 180-198. doi : 10.1002/mds.27602. Publication en ligne : 17 janv. 2019. Erratum dans : Mov Disord. 2019 mai ; 34(5) : 765. doi : 10.1002/mds.27684. PMID : 30653247 ; PMCID : PMC6916382. 
  3. Kim R, Lee TL, Lee H, Ko DK, Lee JH, Shin H, Lim D, Jun JS, Byun K, Park K, Jeon B, Kang N. Effets des interventions par l'exercice physique sur la fonction cognitive dans la maladie de Parkinson : revue systématique et méta-analyse actualisées d'essais contrôlés randomisés. Parkinsonism Relat Disord. 2023 déc. ; 117 : 105908. doi : 10.1016/j.parkreldis.2023.105908. Publication en ligne : 26 oct. 2023. PMID : 37922635. 
  4. Hu S, Lei J, You HJ. Exercice physique pour les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson : revue factuelle des essais cliniques, considérations posologiques et aperçus mécanistiques. Neural Plast. 2026 ;2026(1):e7191029. doi : 10.1155/np/7191029. PMID : 41918452. 

 

 

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