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Société internationale de la maladie de Parkinson et des troubles du mouvement

        VOLUME 30, NUMÉRO 2 • Juin 2026.  Numéro complet »

Prévalence de la maladie de Parkinson dans une ville des hauts plateaux du centre du Pérou : une étude populationnelle 


Cette étude fournit une estimation de la prévalence de la maladie de Parkinson au sein de la communauté de Jauja, ville située dans les Andes centrales du Pérou, grâce à une méthodologie en deux phases, par enquête de porte-à-porte. La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente au monde, pourtant les données épidémiologiques en Amérique latine, et plus particulièrement dans les régions andines, restent limitées. Cette étude comble cette lacune en se concentrant sur une population mal desservie présentant des caractéristiques environnementales et socioculturelles spécifiques. 

Nous avons examiné 1 960 personnes selon une approche en deux phases : la première consistait en un dépistage à domicile à l’aide d’un questionnaire adapté de 9 items pour le parkinsonisme, et la seconde en une confirmation neurologique des cas suspects par des spécialistes des troubles du mouvement. Au total, 21 cas de maladie de Parkinson ont été identifiés, dont 16 grâce au dépistage, ce qui correspond à une prévalence brute de 816 pour 100 000 habitants et à une prévalence standardisée selon l’âge de 566 pour 100 000. Ces estimations concordent avec les données mondiales, mais sont supérieures à celles précédemment rapportées pour l’Amérique latine andine. La prévalence augmente nettement avec l’âge, en particulier chez les personnes de plus de 80 ans, confirmant ainsi que le vieillissement est le principal facteur de risque. 

Un constat majeur est que 10 des 21 cas de maladie de Parkinson étaient nouvellement diagnostiqués, ce qui met en évidence un sous-diagnostic important dans la région. L'accès limité aux soins neurologiques spécialisés, la faible sensibilisation à la maladie et les interprétations socioculturelles des symptômes moteurs comme faisant partie du vieillissement normal contribuent probablement à ce diagnostic tardif. L'absence de neurologues et le recours aux soins primaires peuvent également aggraver ce déficit diagnostique. 

Sur le plan clinique, la plupart des patients présentaient des caractéristiques typiques de la maladie de Parkinson, les tremblements étant le symptôme initial le plus fréquent. Le dépistage cognitif a révélé de faibles scores au MoCA, suggérant une atteinte cognitive importante ; toutefois, ce résultat doit être interprété avec prudence compte tenu des influences potentielles liées au niveau d’éducation et à la culture. Une nette prédominance masculine a été observée dans la prévalence de la maladie de Parkinson ; des différences d’exposition professionnelle et d’accès aux soins pourraient l’expliquer, bien que ces aspects n’aient pas fait l’objet d’une évaluation formelle. 

L’exposition environnementale a été évaluée chez les patients atteints de la maladie de Parkinson : la plupart vivaient à proximité de zones agricoles et certains ont déclaré utiliser des pesticides. Toutefois, ces résultats restent préliminaires en raison de la méthodologie de l’étude et de l’absence de groupe témoin. Le dépistage génétique n’a pas permis d’identifier de variants pathogènes dans les gènes connus associés à la maladie de Parkinson, ce qui confirme la nature multifactorielle de cette maladie. 

L’étude met également en lumière les difficultés logistiques et culturelles liées à la réalisation de recherches épidémiologiques dans les communautés andines, notamment la méfiance envers les activités de recherche et les obstacles à la participation. Il est important de noter que le taux de réponse pour la confirmation neurologique était de 60 %, et que la non-réponse pourrait avoir conduit à une sous-estimation de la prévalence réelle. 

En conclusion, la prévalence de la maladie de Parkinson dans cette population andine semble comparable aux estimations mondiales, mais elle est probablement sous-estimée en raison des inégalités d'accès aux soins. Il est primordial d'améliorer l'accès aux soins neurologiques, de sensibiliser davantage le public et de mettre en œuvre des stratégies de recherche adaptées au contexte culturel dans les régions mal desservies. 

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