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Société internationale de la maladie de Parkinson et des troubles du mouvement

        VOLUME 30, NUMÉRO 2 • Juin 2026.  Numéro complet »

Classification du syndrome corticobasal basée sur les biomarqueurs 


Le syndrome corticobasal (SCB) est un syndrome cliniquement défini, caractérisé par des troubles moteurs progressifs et des signes et symptômes corticaux. Il peut être causé par un large éventail d'entités neuropathologiques différentes. Le SCB est le plus souvent associé aux tauopathies à quatre répétitions (4RT), notamment la paralysie supranucléaire progressive (PSP) et la dégénérescence corticobasale, ou à la maladie d'Alzheimer (MA), une tauopathie mixte à trois et quatre répétitions. Cependant, les synucléinopathies de type Lewy (STL), les protéinopathies TDP-43 ou des pathologies mixtes peuvent également se manifester par un SCB. Néanmoins, la pertinence clinique des différentes pathologies sous-jacentes au SCB reste mal comprise. Par conséquent, cette étude visait à classifier moléculairement les patients atteints de SCB en exploitant des biomarqueurs de l'amyloïde (Aβ), de la protéine Tau et de l'α-synucléine (αSyn), permettant ainsi une sous-classification in vivo. 

Nous avons mené une étude de cohorte prospective incluant 50 patients atteints du syndrome corticobasal (SCB) suivis cliniquement au CHU de Munich (LMU). Les analyses de biomarqueurs comprenaient le dosage de l'Aβ42 et du rapport Aβ42/40 dans le liquide céphalo-rachidien (LCR), la tomographie par émission de positons (TEP) au [18F]flutémétamol pour la β-amyloïde, la TEP au [18F]PI-2620 pour la protéine Tau et des tests d'amplification de l'α-synucléine dans le LCR. La chaîne légère des neurofilaments (NfL) dans le LCR a servi de marqueur non spécifique de la neurodégénérescence. La positivité ou la négativité des biomarqueurs a permis de stratifier le SCB en six groupes, identifiant ainsi des entités pathologiques distinctes en fonction des combinaisons d'Aβ, de Tau et d'α-synucléine.  

Nos résultats ont révélé une forte prévalence de positivité à la protéine Tau, 90 % des patients atteints du syndrome corticobasal (SCB) étant positifs pour Tau, tandis que la positivité à Aβ et à α-synucléine (αSyn) a été observée respectivement dans 28 % et 24 % des cas. La stratification selon les entités pathologiques définies par les biomarqueurs a montré que 52 % des cas de SCB étaient compatibles avec une rétinopathie du prématuré (RP), 18 % avec la maladie d'Alzheimer (MA), 10 % avec une co-occurrence de MA et de sclérose latérale amyotrophique (SLA), 10 % avec une RP et une SLA, et 4 % avec une SLA isolée. 6 % sont restés non classés. La positivité à αSyn était plus fréquente dans les cas de SCB avec MA présumée (36 %) que dans ceux avec RP présumée (16 %). Cliniquement, la positivité à Aβ était associée à une altération cognitive plus marquée au test d'évaluation cognitive de Montréal (MoCA) et au test d'apraxie démentielle (DAT). La positivité à la protéine Tau était associée à des symptômes moteurs plus sévères, mais n'a pas montré d'effet significatif sur la vitesse de progression de la maladie. En revanche, les patients positifs à l'αSyn présentaient des symptômes moteurs plus légers, des scores plus faibles sur l'échelle d'évaluation de la PSP et une progression plus lente au fil du temps, accompagnés de niveaux de NfL dans le LCR de base significativement plus faibles. 

Notre étude souligne l’hétérogénéité moléculaire du CBS, mettant en évidence le potentiel de la stratification basée sur les biomarqueurs pour améliorer la précision du diagnostic et orienter les traitements ciblés. 

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