VOLUME 29, NUMÉRO 4 • DÉCEMBRE 2025.

Ce cours fait le lien entre les sciences fondamentales, la neurologie clinique et l'imagerie translationnelle.
Le cours international de deux jours intitulé « Neuroimagerie et biomarqueurs pathologiques dans la maladie de Parkinson » qui s'est tenu à Milan les 12 et 13 septembre 2025 a réuni plus de 60 professionnels d'Italie et de toute l'Europe pour explorer la recherche de pointe à l'intersection de la neuroimagerie, de la pathologie moléculaire et des neurosciences cliniques dans la maladie de Parkinson (MP).
L'événement était coprésidé par le professeur Roberto Cilia (Fondazione IRCCS Istituto Neurologico Carlo Besta, Milan, Italie) et le professeur Thilo van Eimeren (Université de Cologne, Allemagne) et soutenu par l'International Parkinson and Movement Disorder Society (MDS) et la Fondazione IRCCS Istituto Neurologico Carlo Besta, Milan.

Cet événement, organisé en collaboration avec le groupe d'étude en neuroimagerie du MDS, visait à explorer en profondeur les biomarqueurs permettant de définir, de suivre et d'orienter potentiellement le traitement de la maladie de Parkinson, en mettant l'accent sur l'imagerie des neurotransmetteurs et les corrélats neuropathologiques. Réparti en six séances structurées, le programme a proposé aux participants un parcours intégratif, des mécanismes moléculaires aux applications cliniques.
Imagerie des dysfonctionnements des neurotransmetteurs dans la maladie de Parkinson
Les deux premières sessions ont posé les bases neurochimiques, en se concentrant sur l'imagerie moléculaire et par IRM des principaux systèmes de neurotransmetteurs impliqués dans la maladie de Parkinson. Il s'agissait notamment des circuits dopaminergiques, noradrénergiques, cholinergiques et sérotoninergiques, chacun jouant un rôle distinct dans la symptomatologie motrice et non motrice. Les professeurs Roberto Ceravolo, Stéphane Lehéricy et Bénédicte Ballanger ont présenté les avancées en matière d'imagerie des dysfonctionnements dopaminergiques et noradrénergiques, incluant les biomarqueurs TEP et IRM. La session suivante, animée par Jacob Horsager, Nicola Ray et Nicola Pavese, a approfondi les systèmes cholinergiques et sérotoninergiques, en apportant des preuves convaincantes de leur valeur diagnostique et pronostique aux stades précoces et avancés de la maladie de Parkinson. Notamment, les approches d'imagerie présentées ont permis de visualiser à la fois l'intégrité structurale et les dysfonctionnements synaptiques, offrant ainsi une image dynamique de l'implication des systèmes de neurotransmetteurs.


Imagerie moléculaire de la pathologie
La troisième session s'est concentrée sur l'imagerie moléculaire des marqueurs pathologiques, et a débuté par la présentation, par le professeur Hironobu Endo (Japon), d'un nouveau traceur TEP pour l'alpha-synucléine. Cette avancée majeure représente une étape cruciale vers la visualisation in vivo des synucléinopathies et pourrait avoir un impact considérable sur le diagnostic et les essais thérapeutiques.

Les professeurs Thilo van Eimeren, Angelo del Sole et Antonio Strafella ont présenté des mises à jour sur l'imagerie de la pathologie Tau, la charge amyloïde et la neuroinflammation, respectivement, soulignant leur importance dans la maladie de Parkinson et les pathologies associées. Ensemble, ces interventions ont permis de dresser un tableau complet des mécanismes moléculaires de la neurodégénérescence et ont mis en évidence l'interconnexion des processus pathologiques.
Imagerie de la progression de la maladie et des parkinsonismes atypiques
La quatrième session a porté sur les marqueurs d'imagerie de la progression de la maladie et les syndromes parkinsoniens atypiques. La professeure Irena Rektorová a présenté des données sur les troubles cognitifs dans la maladie de Parkinson, tandis que la professeure Rosa De Micco a introduit une perspective connectomique, basée sur les réseaux, pour la stadification de la maladie, soulignant le potentiel des modèles de connectivité cérébrale dans le diagnostic précoce et le suivi de sa progression. D'autres interventions ont exploré le rôle de la neuro-imagerie dans l'optimisation des approches de stimulation cérébrale profonde (SCP) (professeur Martin M. Reich) et les caractéristiques d'imagerie différentielles de l'AMS et de la PSP (professeur Andrea Quattrone), insistant sur la nécessité d'un diagnostic précis pour la prise de décision clinique.

De la pathologie aux mécanismes et aux modèles
La cinquième session a élargi le rôle de la neuropathologie, approfondissant la discussion sur la physiologie et la pathologie de l'alpha-synucléine. Le professeur Tiago Outeiro a exploré les récentes découvertes en physiologie, physiopathologie et potentiel translationnel des thérapies émergentes ciblant l'alpha-synucléine, tandis que le professeur Fabio Moda a détaillé l'évolution du rôle des tests d'amplification par ensemencement, les positionnant comme des outils potentiellement révolutionnaires pour le diagnostic précoce. Le professeur M. Nolano a souligné le pouvoir diagnostique de la biopsie cutanée en tant qu'outil minimalement invasif, ouvrant de nouvelles perspectives pour le développement de biomarqueurs accessibles. Enfin, la professeure Laura Parkkinen a discuté de l'impact des co-pathologies sur la progression de la maladie de Parkinson et a développé le modèle de propagation de la maladie « cerveau d'abord vs corps d'abord », reliant conceptuellement son point de vue aux travaux antérieurs du professeur Jacob Horsager.
Suivi de la progression et des stratégies thérapeutiques
La dernière session, intitulée « Suivi de la progression de la maladie de Parkinson », a bouclé la boucle du cours, en recentrant l'attention sur le patient. Le professeur Dario Arnaldi a ouvert la session par une analyse approfondie des synucléinopathies prodromiques, notamment le rôle des troubles du sommeil et des dysfonctionnements glymphatiques dans le dépistage précoce. La professeure Merle Hönig a ensuite présenté les concepts de réserve motrice et cognitive, en soulignant les mécanismes compensatoires susceptibles de moduler l'expression clinique malgré la charge pathologique. Le cours s'est conclu par des présentations cliniques pertinentes sur les approches pharmacologiques et chirurgicales actuelles de la prise en charge de la maladie de Parkinson, données par le Dr Valentina Leta et le professeur Alfonso Fasano.


Collaboration et impact
Au-delà du contenu scientifique, ce cours a favorisé la collaboration, renforçant les liens entre chercheurs, cliniciens et institutions. La présence d'un corps professoral international et la participation active de participants venus de toute l'Europe ont souligné l'importance mondiale de la recherche sur les biomarqueurs dans la maladie de Parkinson.
En faisant le lien entre les sciences fondamentales, la neurologie clinique et l'imagerie translationnelle, le cours de Milan a offert un espace unique d'apprentissage, de réseautage et de projection dans l'avenir du diagnostic et du traitement de la maladie de Parkinson.
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