VOLUME 29, NUMÉRO 4 • DÉCEMBRE 2025.

Le congrès MDS 2025 à Honolulu s'est ouvert sur une séance plénière inédite intitulée « Prise en charge globale du parkinsonisme : au-delà des médicaments », présidée par le Dr Ai Huey Tan (Malaisie) et le Dr Elina Tripoliti (Grèce). Les intervenants ont présenté une approche globale et non pharmacologique de la gestion des symptômes de la maladie de Parkinson, de ses stades précoces à ses stades avancés. Des recommandations pratiques concernant le moment opportun, la posologie et l'intensité des exercices et de la réadaptation ont également été abordées. La maladie de Parkinson est reconnue mondialement comme la cause neurologique d'invalidité dont la progression est la plus rapide et exige une intervention proactive et multidisciplinaire.

Historiquement, les orientations vers des spécialistes pour la maladie de Parkinson étaient tardives, n'intervenant qu'une fois l'incapacité fonctionnelle apparue. Ces orientations étaient généralement axées sur des stratégies compensatoires ou motrices visant à gérer le déclin moteur inévitable, plutôt que sur la recherche proactive d'une amélioration fonctionnelle par l'acquisition de nouvelles compétences et l'apprentissage moteur. On sait aujourd'hui que la maladie de Parkinson est généralement diagnostiquée après de nombreuses années de progression préclinique. Nous avons constaté un changement majeur dans notre approche de la prise en charge de la maladie de Parkinson, avec un abandon définitif des modèles de réadaptation différée.
La docteure Michele Hu, du Royaume-Uni, a présenté un panorama complet de la maladie de Parkinson et de l'autonomisation des personnes atteintes. Elle a également abordé les preuves de plus en plus nombreuses concernant l'efficacité des interventions diététiques et liées au mode de vie, ainsi que de la thérapie cognitivo-comportementale, sur l'évolution à long terme de la maladie. Il est essentiel que nous prenions conscience, en tant que société, que les symptômes non moteurs peuvent compromettre sérieusement les interventions de réadaptation et les objectifs d'exercice physique.
Les docteures Alice Nieuwboer (Belgique) et Natalie Allen (Australie) ont présenté des recherches fondées sur des données probantes concernant la réadaptation et l'exercice physique dans la maladie de Parkinson. Elles ont mis l'accent sur les effets symptomatiques et modificateurs de la maladie de l'exercice, ainsi que sur la manière de prescrire de l'exercice physique aux patients atteints de cette maladie. Le consensus parmi les spécialistes des troubles du mouvement est clair : la physiothérapie n'est pas une option ; c'est un élément essentiel des soins qui doit être prescrit dès le diagnostic de la maladie de Parkinson. Cette stratégie, appelée prévention secondaire précoce, vise à développer les capacités fonctionnelles plutôt qu'à simplement compenser les pertes de fonction. Se fondant sur des études récentes, les intervenantes ont convenu qu'un programme multimodal intégrant des exercices d'aérobie intenses, du renforcement musculaire, des exercices de flexibilité et des exercices moteurs et cognitifs est justifié. Des études neuroprotectrices ont démontré que l'intensité des exercices d'aérobie est un facteur clé pour améliorer les symptômes moteurs, à l'origine de la maladie de Parkinson.
Bien que les données probantes confirment l'importance de l'exercice physique pour la gestion des symptômes de la maladie de Parkinson, un domaine de recherche prometteur consiste à déterminer le niveau d'exercice optimal et à vérifier si un programme d'exercices structuré peut réellement modifier l'évolution de la maladie. Il est crucial de personnaliser le plan de réadaptation, notamment l'intensité, la dose et le moment optimaux. Les docteurs Nieuwboer et Allen ont conclu qu'une physiothérapie optimale est essentielle à chaque phase de la maladie, du diagnostic initial aux stades avancés. Les recommandations en matière de physiothérapie pour la maladie de Parkinson sont de plus en plus élaborées, et il a été démontré que la réadaptation neurologique améliore la fonction physique globale et la qualité de vie, et réduit le risque de chute. Il est important que les physiothérapeutes évaluent les symptômes moteurs et non moteurs et tiennent compte de leur influence sur les choix de traitement et sur l'utilisation de techniques de modification des comportements de santé afin d'améliorer l'observance du programme d'exercices. Des stratégies compensatoires, telles que des repères externes et internes, peuvent également améliorer la marche et l'équilibre chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.
En conclusion, les données probantes confirment que la physiothérapie et l'exercice physique sont des composantes essentielles de la prise en charge des symptômes de la maladie de Parkinson. Les recherches futures devraient se concentrer sur les stratégies visant à améliorer l'observance à long terme et la relation dose-réponse optimale entre la physiothérapie et l'exercice physique. Un suivi est indispensable pour déterminer si la réadaptation offre un simple soulagement symptomatique (retardant l'invalidité) ou si elle modifie réellement la progression de la maladie.
Vous pouvez visionner les enregistrements de la séance plénière de 2025 jusqu'au 30 avril 2025.
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